Bonjour Madame, pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Pauline A., j’ai 43 ans et je travaille dans l’enseignement depuis 20 ans. Je suis directrice de l’école depuis son ouverture, et j’enseigne également en grande section et en CP.
Au cours de ma carrière, j’ai enseigné dans différents niveaux : le latin, les mathématiques et les sciences au collège et au lycée, puis au primaire avec deux années en CM, une année en CE, et depuis huit ans, en grande section (GS) et cours préparatoire (CP).
Quel est votre parcours ?
J’ai moi-même été scolarisée pendant plusieurs années dans une école hors contrat. J’ai ensuite obtenu une licence en biochimie. Depuis mon arrivée à Notre-Dame de l’Espérance, j’ai suivi plusieurs formations proposées par la Fondation pour l’École : formation de directeur (FPE), gestion mentale, gestion de classe, grammaire, calcul et rédaction.
J’ai également bénéficié de la formation pédagogique continue dispensée par Isabelle Marié et Sylvia Cres, qui nous accompagnent d’ailleurs toujours depuis maintenant quatre ans.

Combien d’élèves avez-vous, et comment sont-ils répartis selon les niveaux ?
Cette année, j’ai 13 élèves : 10 en CP et 3 en grande section.
Quelles sont les particularités de ces niveaux ? Quels sont les grands savoirs à assimiler ?
La grande section marque la fin du cycle maternelle. On y confirme les bases essentielles : les repères spatiaux (devant/derrière, droite/gauche), les notions de comparaison (identique, plus/moins), et on introduit les premiers apprentissages scolaires, notamment les lettres et les nombres. C’est également le début du travail écrit, avec un rythme plus régulier. Les élèves font leurs premiers pas en lecture, en écriture et en calcul. C’est une année charnière entre la maternelle et le primaire.
Le CP, quant à lui, est une année décisive : c’est celle de l’apprentissage de la lecture, à la fois dans sa dimension technique (déchiffrage) et dans sa compréhension. L’écriture s’approfondit également, avec un passage progressif au stylo-plume à partir de février. En mathématiques, les élèves découvrent les quatre opérations, avec une formalisation de l’addition et de la soustraction, ainsi que la résolution de leurs premiers problèmes. On apprend les nombres jusqu’à 100, en utilisant notamment les bûchettes.
Nous introduisons également des matières comme l’histoire et les sciences pour éveiller la curiosité des enfants, leur faire découvrir leurs racines et les aider à construire leur identité. Les séances de lecture et de vocabulaire jouent un rôle essentiel : elles enrichissent leur langage, leur permettent de mieux comprendre le monde et de s’exprimer avec justesse. On explore aussi des thèmes variés, à partir d’images ou de récits (animaux, monuments, coutumes des continents…), pour élargir leur horizon.

Quelles sont les matières enseignées et quelle est leur répartition horaire hebdomadaire ?
– Français : 7 heures
– Calcul : 5 heures
– Histoire : 35 minutes
– Sciences : 20 minutes
– Vocabulaire : 45 minutes
– Catéchisme : 25 minutes
– Dessin : 1 heure
– Sport : 1 heure
– Chant : 1 heure
– Bricolage : 1 heure
Comment le thème de l’année est-il appliqué dans votre classe ?
Le thème d’année est intégré principalement à travers les poésies, les lectures et les activités de bricolage. Au troisième trimestre, il est également exploité dans les textes de copie et de dictée.

Les différences de niveau sont-elles importantes dans votre classe ? Et comment les gérez-vous ?
Cette année, le niveau est relativement homogène. À ce stade de leur scolarité, lorsqu’un enfant rencontre des difficultés, il est essentiel de revoir la manière dont la notion a été présentée, de la retravailler différemment. Cela profite à toute la classe, car l’objectif n’est pas d’aller vite, mais de bien comprendre.
Même pour les élèves qui avancent rapidement, revoir une notion sous un autre angle leur permet de la maîtriser plus en profondeur. Une erreur fréquente au CP est la compréhension “mécanique” chez certains élèves très rapides : ils appliquent une formule sans vraiment comprendre. Or, une vraie assimilation nécessite une compréhension globale. Il ne faut donc pas se fier uniquement aux résultats, mais s’assurer, grâce à des exercices variés et de la manipulation, que l’enfant a bien compris.
Si un enfant rencontre de réelles difficultés, un allègement de programme peut être mis en place. Pour les plus rapides, des livres, puzzles et divers ateliers sont toujours à disposition dans la classe. Je ne cherche pas à les faire avancer plus vite dans le programme : ils ont le temps !

Et en ce qui concerne les autres apprentissages humains : discipline, politesse, éducation religieuse ?
L’école fonctionne avec des règles claires, globalement bien respectées. Les punitions restent rares et ne sont appliquées qu’après plusieurs avertissements. Elles visent avant tout à garantir la sécurité et le respect, aussi bien dans les relations humaines que dans le travail. En revanche, la vulgarité et la violence gratuite sont sanctionnées plus fermement.
La politesse s’inculque surtout par l’exemple, et nous rencontrons peu de difficultés dans ce domaine. Les résolutions prises deux fois par semaine, les grandes fêtes religieuses, l’Avent et le Carême sont autant d’occasions de rappeler notre vocation chrétienne, et que discipline, politesse et honnêteté sont des vertus que le Bon Dieu attend de nous.
C’est une véritable chance pour nous de pouvoir expliquer à un enfant, par exemple, que tricher n’est pas seulement mal vis-à-vis des autres ou du règlement, mais que cela déplaît au Bon Dieu. Cela donne plus de sens à nos exigences.




